Poulagoumen

Le sage est méthodique mais pas tranchant, intègre mais pas blessant, droit mais pas absolu, lumineux mais pas éblouissant." (Proverbe chinois).
J’ai marché dans le sillage des troupeaux de vaches, perdu dans les abîmes de la nuit, le cœur lourd d’émotion, bercé par ces valeurs et traditions peuh, celles-là qui m’ont pétries, façonnées depuis l’aube de mon existence.

Abandonné au rythme des cadences et des échos provenant de l’histoire peulh, riche de conquêtes, des valeurs, de souffrance, des victoires, de traditions, de lumière et d’interrogation sur le prolongement de son rayonnement et de sa grandeur.

Dans ma solitude, je vois l’ombre des ces géants arbres protecteurs défendre nos cimetières, où reposent ces grands hommes pulaar, qui ont parfois payé de leurs vies pour honorer cette fierté symbolique, afin que vive et rayonne à jamais notre identité peulh.

J’étais là, près d’une pierre témoin séculaire, en face de moi ce cimetière, un lieu symbolique et qui retrace en moi cette nostalgie de ces grands hommes qui ont contribué à honorer et glorifier note identité peulh, en tentant de répondre à la question : comment perpétuer leurs mémoires et les causes de leurs combats ?

Dans ma tête défile toute la grandeur de notre Histoire, oui je pense à ces héros peulh, tels : Yéro Mama, Poulloro, Goumaalo, Oumarel sawa dondé, Ama Sam Polel, Samba Guéladjêdji, etc., ces hommes qui sont se sont illustrés sur les champs de bataille, pour signer la marque de bravoure de l’identité peulh.

Que dire de ces icônes valeureux de notre culture, qui se sont battu ou qui continuent de se battre pour rétablir la vérité sur cette partie de l’Histoire de l’humanité, où notre apport a été souvent oublié voire sciemment occulté, je pense à feu Seydou KANE, à Aboubacry LAM, Mourtoudo, Ibrahima SARR, feu BA Aboubacry Kalidou, N’DIAYE Seydou Amadou, etc.

Ma pensée va à ces prophètes de la parole peulh, tels feu Tidjane Anne, feu Yéro Doro DIALLO, Feu TENE Youssouf GUEYE, ces hommes de la voix des ondes, qui de leur vivant ont toujours œuvré, chacun à sa manière et à son style à sensibiliser notre société, pour l’aviser des dangers de ces nouvelles formes d’acculturation que sont la télévision et la radio.

Tidjane Anne avait de son vivant fait revivre la fibre des grandes conquêtes pulaar par la voie des ondes, celle là même habite chacun d’entre nous au plus profond de lui.

On peut alors se demander : où en est son noble combat, pour la création d’une radio destinée à promouvoir la langue et la culture peulh, à l’heure où nos enfants s’abreuvent des informations ou des images véhiculant des cultures d'ailleurs ?

Oui Tidjane n’est plus, cependant ses idées restent d’actualités, c’est à nous de relever ce défi à l’instar des sociétés voisines à juste titre (Wolof, Bambara, Maures, etc..), qui ont su s’adapter aux nouveaux moyens de l’information, celles qui garantissent l’enracinement et le prolongement de l’éducation traditionnelle de notre jeunesse, loin des cases et des cours des villages.

Quand je vois notre communauté à l’assaut des télévisions étrangères ou africaines, où peu de place nous est accordée, je m’interroge sur la conception réelle de notre société aux enjeux actuels. Alors à quand une radio ou une télévision au service de notre identité, sans excès ni sectarisme.

Il est venu le moment pour la société pulaar de se saisir de la tribune des idées et de fructifier toute la richesse de ses talents, afin d’aller dans le sens de la marche de l’Histoire, oui c’est à nous de revendiquer pleinement ce droit et d’en faire une exigence collective.

Oui nous avons tous les atouts pour réussir face à ce grand défi de notre époque à la seule condition que notre unité soit le socle de nos initiatives.

L’homme peulh n’est pas remis en question mais son fonctionnement au fil de temps pour appréhender les perspectives d’avenir oui.

Ma conviction est que la voix d’un peuple résulte de sa capacité à ne rien renier de son passé, tout en restant préparé à toutes les mutations du futur, qui souvent, hissent au sommet certaines civilisations et renvoient dans les abîmes celles qui restent enfermé dans une nostalgie, même si elle reste louable.

La vraie question n’est pas de créer une nation peulh mais plutôt d’user De tous les moyens pour renforcer le rayonnement de notre identité peulh partout dans le monde, à travers les radios et les télévisions dont nos enfants et certains de nos anciens restent friands. Dans le seul but de préserver notre tradition et notre culture, qui au contact des autres, peuvent paraître vulnérables.

Je termine par cet adage peuh qui dit, je cite « Celui qui ne partage les mésaventures de ton voyage, ne doit dessiner les perspectives de celui-ci ».

Oumar Moussa N’DIAYE

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Dernière mise à jour de cette page le 10/10/2007
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