Un si curieux prétendant Moussa est follement amoureux d’une femme de son quartier.
Pour la satisfaire, il vole l’argent de son père pour lui acheter des vêtements à l’occasion de la fête de Korité. Durant la journée de vendredi, la fête bat son plein. Cela fait longtemps qu’il se décarcasse pour marier la jeune femme, se faisant passer pour un agent bossant pour le compte d’un établissement qui le paye bien.
Durant la nuit,
Moussa entre dans une maison, vole un mouton mais ce dernier par ces bêlements réveille tout le quartier. Moussa abandonne sa proie et file en vitesse, mais il est rattrapé. Pour son malheur, le propriétaire du mouton est l’oncle de la femme qu’il compte marier. Rapidement, la foule se forme. La jeune femme, âgée de 25 ans vient gonfler le cercle des curieux.
A sa grande surprise, elle découvre que le voleur n’est autre que son «
riche» prétendant,
Moussa, celui-là même qui lui avait payé des folies pour passer une bonne fête. Elle supplie son oncle de le laisser partir.
Moussa sera relâché, après quelques claques et des coups de châtaignes sur le dos. Meurtri et tout confus, il prit ses jambes à son cou, sous les éclats de rire du public. La jeune femme était toute trempée de honte, car elle avait beaucoup parlé de son futur mari. Cet incident a eu lieu près du garage
Arafat à
El Mina.
Couvert par l’opprobre,
Moussa quitta la maison où il louait une chambrette et disparut. Entre lui et sa bien aimée, l’amour était fini et bien fini.
Sa gentillesse le mène en prison
Un jeune maçon ne savait pas que sa gentillesse pouvait le conduire en prison. Il faisait partie d’un groupe de maçons recrutés par les autorités pénitentiaires pour réfectionner la prison de
Dar Naïm, saccagé lors du transfert des détenus de l’ancienne prison civile. Il se lia d’amitié avec un compatriote, condamné à vie pour l’assassinat d’un agent de change tué dans les appartements de
Saada, et pour lequel trois autres personnes ont été condamnées. Ces dernières étaient parvenues à s’évader en 2003. Ce compatriote est ainsi le seul parmi la bande des quatre à rester en prison.
Pour meubler ses journées, il s’était lancé dans la confection de beignets et de gâteaux qu’il vendait aux autres détenus mais aussi aux gardes. Ses affaires marchaient à merveille. Il se lia d’amitié avec le jeune maçon et lui demanda un jour de lui rendre service. Il lui communiqua le numéro de téléphone d’un ami qui habite à proximité des jardins de la
Sebkha. Ce dernier devait lui remettre de la farine pour ses beignets.
Insoucieux, le jeune maçon se rendit à la place indiquée et téléphona à l’ami du prisonnier. Celui lui fixa rendez-vous près des jardins et lui remit un seau. Au dessus, il y avait bien de la farine. Le maçon s’empara du sceau et se rendit à la prison. Les gardes, à la vue du seau plein de farine ne cachèrent pas leur joie, d’autant que les gâteaux et les beignets du prisonnier étaient les meilleurs mets qui leur permettaient de tromper leur faim. Mais le chef de poste décida quand même de vérifier le contenu du sceau.
Il tomba bien camouflé sous la masse de farine, du chanvre indien. Le maçon, les yeux révulsés, faillit tomber en syncope. Les gardes étaient également étonnés, parce qu’il connaissait ce bon maçon qu’ils ont appris à côtoyer depuis quelques jours. Malgré ses larmes de protestation et ses cris d’innocence, il fut conduit au Commissariat de
Dar Naïm1. Il pleurait en battant sa poitrine.
Le 2 octobre il est déféré au Parquet devant le Procureur de la République et continuait à crier son innocence soutenant que c’est le prisonnier confectionneur de beignets qui lui avait demandé de lui amener le sceau auprès d’un ami. Beaucoup de ses parents étaient au Parquet. Mais le prisonnier nia toute implication avec le sceau, jurant qu’il n’avait demandé au maçon. Celui-ci fournit le numéro du type qui lui avait remis le sceau. Mais ce dernier, mit probablement au courant de l’incident, avait changé de numéro de téléphone. L’ancien ne répondait plus. Les enquêteurs ne parvenaient pas à mettre la main sur lui et le maçon ne connaissait pas non plus où il habitait. Il fut déféré en prison. Le jeudi 11 octobre dernier, quelques uns de ses proches s’étaient rendu au Parquet pour lui trouver une liberté provisoire, en attendant son procès.
L’affaire des cartes téléphoniques
La mère du jeune garde inculpé de vols de cartes téléphoniques, dans une affaire rapportée dans nos précédentes éditions, proteste contre ce qu’elle appelle «l’injustice» perpétré contre son fils. On se rappelle que le garde avait été interpellé par la gendarmerie nationale lorsqu’un jeune guinéen fut arrêté pour avoir dérobé des cartes qu’on lui avait confiées, entraînant avec lui deux autres jeunes revendeurs. Le propriétaire avait parlé de 3.600 cartes de recharges.
Pour les proches du jeune garde, l’accusation dont leur fils est l’objet ne repose sur aucun fait, sinon de vagues accusations sans preuves. Alors que les jeunes revendeurs ont été relâchés le jour où ils ont été déférés au Parquet, le cas du jeune garde semble aussi sur le point d’être soldé d’autant plus qu’il n’y a pas de preuves tangibles contre lui. On se rappelle qu’il avait été conduit manu militari en tenue militaire au parquet, escorté par les gendarmes et que sa tenue lui avait été enlevée et gardée à la justice. Le jeune garde était accusé d’être le chef d’un gang spécialisé dans le vol des cartes de recharge.
Jalousement cinglé Amadou est un ancien homme de loi.
Sa particularité, il n’a pas confiance à son épouse. Chauffeur de taxi, il a payé les services d’un tiers pour suivre les déplacements de sa douce moitié. Le «policier» en herbe fait bien son boulot, épiant la femme, devenant son ombre, sans attirer l’attention. Le soir, il fait un compte rendu détaillé au mari jaloux. En fait, Amadou n’a l’esprit tranquille qu’une fois son épouse à ses côtés. Même quand elle est dans la cuisine, ou à la douche, il l’épie, tendant l’oreille chaque fois que le téléphone de sa femme sonne.
Il était devenu un fou obsédé qui ne vivait et ne respirait que pour suivre les plus faibles pulsions du cœur de sa bien aimée. Il fait plusieurs détours dans la journée à la maison, au poteau 11 à Arafat, pour vérifier si sa femme était bien dans la «cage». Ses pires tourments, c’est quand sa femme part visiter ses parents. Il passe et repasse chez la cousine, la tante ou l’oncle visité. Il faut dire que
Amadou vit un traumatisme qui le poursuit depuis 1976, avec sa première femme. Cette dernière l’avait trompé à plusieurs reprises.
Cela commença avec un homme qu’elle lui avait présenté comme un proche parent et ça s’était terminé avec son meilleur ami. Depuis lors, il avait enterré sa confiance vis-à-vis des femmes. Pour lui, il n’y a pire qu’une femme loin de son mari. Le chemin du marché, la visite des parents, les confidences avec les copines ? Les trucs infaillibles pour cocu. Aussi, il exerçait sur sa femme un marquage serré à la culotte. Celle-ci finit par s’en rendre compte, ce qui l’agacera par la suite énormément. Elle finit par lui expliquer la vénalité de ses gestes et faits, lui démontrant par quatre qu’on ne peut pas empêcher à une femme de faire ce qu’elle veut si elle en a envie, même s’il prend les services de mille détectives privés.
Lors de la fête de Korité, elle lui dit qu’elle va passer la journée avec des proches qui habitent tout prêt du
Robinet Sarakolé à
Sebkha. Au lieu de se rendre au lieu précité, elle changea d’avis et se rendit chez son oncle. Amadou se présente à la maison du Robinet et demande si sa femme est là. Réponse négative.
Amadou explose, crie de douleur comme un fou et entra dans une colère homérique. Il avait perdu la boussole et commença à insulter les proches de sa femme. L’un d’eux se lève et le gifle. S’en suivit une brève altercation vite calmée.
Il sort de la maison comme un énergumène et part vers la maison de l’oncle. Il y trouve son épouse en train de manger joyeusement avec les deux épouses de l’oncle . Calme, ce dernier qui avait été mis au courant de l’incident survenu plus tôt, lui dit qu’à partir de ce jour, c’était fini entre lui et sa nièce. Larmes aux yeux, il supplie l’oncle qu’il ne pouvait rien faire pour vaincre sa jalousie et qu’il ne pouvait pas vivre sans son épouse.
Cette dernière jura dans le Saint Coran qu’elle n’est pas une femme dévergondée et qu’elle se respecte. Elle a surtout sa fierté et ne veut guère donner à ses enfants l’image d’une mauvaise épouse et d’une mauvaise mère. Elle le menaça que si jamais il reprenait son petit jeu à la surveiller et à l’épier, elle le quittera définitivement. Depuis samedi, la femme est libre de rendre visite à n’importe qui de ses proches sans être obligée de vivre d’infâmantes surveillances. Finalement, Amadou semble avoir compris que la femme est une créature qu’on ne peut maîtriser seulement que par le respect et la confiance, une créature aussi mystérieuse que le fond de la mer.
Cissé Abou
Aucun commentaire
Dernière mise à jour de cette page le 18/10/2007