Un mort dans des manifestations en Mauritanie, l’opposition appelle au calme
Une série de manifestations enregistrées ces derniers jours contre la hausse des prix en
Mauritanie, essentiellement dans le sud-est du pays, ont fait un mort, plusieurs blessés et provoqué l'arrestation de deux responsables locaux de l'opposition.
Jeudi, un manifestant a été tué et deux blessés à
Kankossa (700 km au sud-est de
Nouakchott) lors de heurts avec les forces de sécurité venues disperser une nouvelle manifestation contre la hausse des prix des produits de première nécessité (blé, pâtes alimentaires, sucre, lait en poudre, eau, électricité).
Un des manifestants a été atteint à la tête par une balle et a succombé à ses blessures, a indiqué une source hospitalière sous couvert de l'anonymat. Après son transfert à l'
hôpitalde Kiffa, chef-lieu de la région de l'
Assaba, "
le jeune homme de 18 ans n'a pas pu être réanimé en raison de la nature de sa blessure", a précisé la même source.
Deux autres manifestants ont été blessés lors de la dispersion de la même marche par les forces anti-émeute en fin de matinée, ont rapporté des témoins joints sur place.
Selon eux, les manifestants avaient tenté de s'en prendre aux commerces du marché central de
Kankossa avant d'être repoussés par la police. "
Les choses se sont ensuite calmées", a déclaré un habitant.
Par ailleurs, les partis d'opposition du
Rassemblement des forces démocratiques (RFD) et de l'
Union mauritanienne pour le changement (PMUC) ont rapporté l'arrestation de leurs responsables locaux dans le département de
Kobeni (850 km au sud-est de
Nouakchott). Une source sécuritaire a indiqué que les deux hommes étaient soupçonnés d'attiser la grogne sociale dans cette localité.
La police les accuse d'"
inciter (les jeunes) à l'anarchie, au soulèvement et actes de sabotage contre les biens publics et privés" et de "faire du porte-à-porte" pour amener les habitants de la ville de
Kobeni à "
commettre des actes de vandalisme non conformes à la loi", a déclaré cette source sous couvert de l'anonymat.
Mercredi, quatre personnes, dont un gendarme, avaient été blessées à
Djigueni (à 1.000 km au sud-est de
Nouakchott), lorsque les gendarmes ont tenté d'éloigner à coups de matraque des manifestants qui attaquaient la brigade de gendarmerie de la ville, blessant un officier de gendarmerie, selon des témoins qui ont également rapporté plusieurs arrestations.
Mardi, une autre manifestation avait eu lieu à
Timbedra (à 1.100 km au sud-est de
Nouakchott), où un garde avait été blessé et une trentaine de manifestants interpellés par la police, selon des sources officielles. Deux autres manifestations s'étaient tenues lundi à
Kiffa (à 600 km de
Nouakchott) et la semaine dernière à
Néma (1.200 km au sud-est de
Nouakchott).
Le sud-est du pays, ancien réservoir électoral du régime de
Maaouiya Ould Taya (1984-2005), était durant cette période au centre des préoccupations du gouvernement, qui entretenait notamment des relations privilégiées avec les dignitaires de la région.
Depuis une transition conduite par une junte ayant renversé
Taya et l'élection démocratique en mars du président
Sidi Ould Cheikh Abdallahi, la gestion des affaires du pays est devenue plus transparente. Ces régions ne font plus l'objet d'une attention particulière des autorités, notent plusieurs observateurs.
Depuis début novembre, le gouvernement mauritanien a annoncé l'augmentation des prix du carburant, de l'eau et de l'électricité, qu'il a attribuée à l'augmentation des prix des hydrocarbures sur le marché international.
Plusieurs partis d'opposition avaient sévèrement critiqué ces mesures et l'incapacité du gouvernement à faire face à l'enchérissement du coût de la vie.
Aucun commentaire
Dernière mise à jour de cette page le 09/11/2007